24Heures @ Le Journal de Montreal

I made it into French publication in Montreal, thanks to my crazy obsession with orange cones in the city.

Louis-Philippe Messier, journalist from 24H,  met with me at Sofitel for coffee to ask me how the hell did I get to this point in my life.

 

La Russe qui aimait les cônes

Olya Krasavina est probablement la seule Montréalaise à se réjouir des cônes orange.

Devant l’hôtel Sofitel (non loin du métro Peel), il y a des cônes de signalisation en raison de grands travaux sur Sherbrooke non loin de là. Dans son vestibule se déroule depuis peu une exposition de circonstance intitulée Côn(e)struction. L’artiste russo-américaine Olya Krasavina y représente à l’aquarelle des rues en chantier de Montréal.

Née en URSS, immigrée avec sa famille aux États-Unis (Philadelphie et New York) après la chute du communisme, Olya s’est relocalisée à Calgary pour y rejoindre son amoureux, puis à Montréal où son couple s’est fixé… en pleine folie des rues barrées.

MONTRÉAL = CÔNES ORANGE

PHOTO LOUIS-PHILIPPE MESSIER

L’équation «Montréal = cône orange» s’est rapidement cristallisée dans son esprit : «Un jour que je circulais, au beau milieu de la rue, il y avait un cône, comme ça, pour rien, que personne ne songeait à ôter de là, et ça m’a semblé tellement incroyable comme situation que je l’ai photographié, puis dessiné. »

Un autre incident l’a marquée : « Là où nous vivions près du canal Lachine, un matin des cônes orange avaient été posés sur le toit de toutes les voitures. Nul doute, c’était le fait de plaisantins. Mais sur le coup, nous nous sommes demandés si c’était un moyen farfelu des autorités municipales pour signifier une interdiction de stationnement.»

Olya a aussitôt aimé sa ville d’adoption et sa couleur prédominante : orange. «Imagine si les cônes n’étaient pas orange, ce serait déprimant !» dit-elle.

L’an dernier, elle remportait un concours d’art en 3D en concevant un cône orange en bois pouvant servir de canevas. En effet, au lieu de peindre sur une toile à plat, n’est pas plus « montréalais » d’utiliser une surface conique ?

LES AMOURS, LES TRAVAUX

PHOTO LOUIS-PHILIPPE MESSIER

Pour approfondir son appartenance à Montréal, Olya suit au YMCA des cours de français intensifs (qui lui coûtent assez cher, dit-elle, mais s’avèrent efficaces).

En plus de ses activités personnelles, elle œuvre comme «artiste-instructrice» plusieurs fois par semaine pour les soirées Paint Nite où des gens se réunissent pour peindre ensemble, notamment à la Sala Rossa.

La boutique d’artisanat Karibu (elle-même récemment entravée par un chantier sur la rue Notre-Dame Ouest) vend ses aquarelles dans la Petite-Bourgogne.

Tous les vendredi de 5 à 7 jusqu’au début de septembre, Olya s’installe dans le vestibule ou le restaurant du Sofitel pour s’entretenir avec la clientèle de voyageurs souvent estomaqués par l’omniprésence de chantiers, barrières, panneaux et cônes… désormais emblématiques de la métropole.